Archives de catégorie : Bibliothèque

Ovide, Contre Ibis (édition bilingue d’Hélène Vial)

Ovide, Contre Ibis (édition bilingue. Texte original latin, traduit et présenté par Hélène Vial), Bordeaux, William Blake and Co. Édit, 2022, 78 p.

Le texte intitulé Contre Ibis, issu du corpus rédigé durant l’exil du poète de Sulmone, est une pièce poétique que l’on édite et traduit peu. S’agissant de traductions en langue française, nous pouvons notamment mentionner l’édition d’Émile Ripert parue en 1937, aux
éditions Classiques Garnier, ainsi que celle de Jacques André aux éditions des Belles Lettres, en 1963. Plus récemment, Olivier Sers, dans son Contre Ibis, suivi de La Syrinx de Théocrite (2017), propose une traduction en vers contenant des annotations en fin de volume
(Christophe Cusset en a rédigé une recension des plus éclairantes). Le volume d’Hélène Vial (maître de conférences de latin à l’Université Clermont-Auvergne), paru aux éditions William
Blake and Co., s’inscrit dans une démarche traductionnelle et vulgarisatrice visant à rendre accessible au plus grand nombre le virulent pamphlet énigmatique d’Ovide, dont la cible ne peut être identifiée avec certitude.

Voici le compte-rendu de cet ouvrage:

FC_CR_H. Vial_Ovide_Contre Ibis

CR_C. Vulliard_M. Alphant_ »César et toi »

Marianne ALPHANT, César et toi, Paris, P.O.L., 2021, 336 p. 

« Je suis César recueillant ces restes comme d’autres l’ont fait : arpentant la terre, relisant La Guerre des Gaules, croisant ici Napoléon III, plus loin Shakespeare ou Guillaume II, Suétone, un révolver, des chevaux qui pleurent, Bernadette Soubirous, un amateur de geocaching. »
Cette phrase ainsi que le titre lui-même, César et toi, résument bien l’entreprise de Marianne Alphant : il s’agit de suivre le parcours de César, en particulier lors de la conquête de la Gaule, et de confronter ce parcours aux traces diverses qu’il a laissées dans le « Toi », c’est-à-dire à la fois la narratrice et le lecteur ou la lectrice, surtout s’ils ont lu ou traduit le général-écrivain. Il ne s’agit donc pas d’une biographie stricto sensu, mais d’une lecture personnelle de cette vie, à partir de détails que la narratrice juge significatifs pour évoquer le personnage et son histoire, en 49 courts chapitres. Le propos est de recueillir quelques débris, des reliques – au sens étymologique, mais aussi au sens religieux pour certains – pour essayer de reconstruire une histoire des peuples vaincus..

Voici le compte rendu de Christine VULLIARD:

CR_C. Vulliard_M. Alphant_César et toi

CR_Filippo RONCONI, Aux racines du livre. Métamorphoses d’un objet de l’Antiquité au Moyen Âge

Filippo RONCONI, Aux racines du livre. Métamorphoses d’un objet de l’Antiquité au Moyen Âge, éditions EHESS, collection « En temps & lieux » 110, Paris, 2021, 352 p.

Est-ce parce qu’à l’heure du numérique florissant le livre, l’écrit et la lecture prennent des formes nouvelles, que se multiplient les ouvrages sur les origines de l’objet livre tel que nous le connaissons aujourd’hui dans son format papier ? À côté du best-seller espagnol d’Irene Vallejo, L’Éternité dans un roseau (Les Belles Lettres, 2021), un peu romantique mais passionné, et en attendant une possible traduction d’Il libro nel mondo antico. Archeologia e storia (secoli VII a.C.-IV d.C.) de Lucio Del Corso qui vient de paraître en Italie en 2022, le lecteur intéressé par l’histoire du livre peut ouvrir l’ouvrage de Filippo Ronconi sans risquer d’être déçu.

Voici le compte rendu de Benoît Laudenbach :

CR_ B. Laudenbach_F. Ronconi_Aux Racines du livre

CR_G. de GUILLAUME DE CONCHES, « Philosophia et Dragmaticon »

Bernard Ribémont, Emilia Ndiaye et Christine Dussourt (traduction du latin et commentaire), Philosophia et Dragmaticon, Paris, Les Belles Lettres (« Sagesses médiévales »), 2021, 460 p., 27 euros, ISBN : 978-2-251-45252-4.

Ce volume, consacré au maître chartrain Guillaume de Conches, réunit pour la première fois dans l’histoire éditoriale de cet illustre commentateur et grammairien, deux de ses œuvres, l’une, la Philosophia, et l’autre, son double, le Dragmaticon. Les auteurs de la traduction et du commentaire souhaitent ainsi mettre en regard et révéler, par contraste diachronique et comparaison doctrinale, leur lien gémellaire constitutif, la valeur philosophique de leurs échos, ainsi que leurs lignes de continuité, de rupture et d’héritage, entre révisions, innovations et approfondissements.

Voici le compte rendu de Guillaume de Conches :

CR_G. de CONCHES_Philosophia et Dragmaticon_B. Ribémont, E. Ndiaye_C. Dussourt

CR_Bibliothèque idéale des mets et des mots

Catherine SCHNEIDER, Bibliothèque idéale des mets et des mots. Parler, boire et manger dans l’Antiquité, d’Homère à Fortunat, évêque de Poitiers, Paris, Les Belles Lettres, 2021, 480 p.

 

La présente anthologie ne couvre pas moins de quatorze siècles de littérature (du VIIIe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C.) : composée de trente-quatre entrées, elle constitue un parcours à la fois chronologique et thématique fondé sur des extraits illustrant, chacun à sa manière et en fonction des différents auteurs sélectionnés, l’articulation entre des textes centrés sur la nourriture et ses diverses pratiques ainsi que les mots les accompagnant. D’où le titre à la fois érudit et ludique de cet ouvrage – Bibliothèque idéale des mets et des mots, qui s’efforce de mettre en évidence cette articulation, et ce d’autant que « les sociétés antiques ne conçoivent pas la nourriture comme un plaisir solitaire ; le repas y est, tout au contraire, un espace d’échange et de partage » (p. 9).

Voici le compte rendu de cet ouvrage:

FC_CR_CS_Bibliothèque idéale des mets et des mots

CR_Hédi Kaddour_La Nuit des orateurs

Hédi KADDOUR, La nuit des orateurs, Paris, Gallimard, 2021, 368 p.

Le poète et romancier franco-tunisien Hédi Kaddour (né en Tunisie en 1945) reçoit le Grand Prix de l’Académie française pour son livre Les prépondérants, qui a également figuré parmi les quatre finalistes du prix Goncourt. Avec son dernier opus, La Nuit des orateurs, il plonge le lecteur dans une nuit particulière de la Rome antique, qui, décisive, va présider à la destinée d’une figure célèbre de la littérature et de la politique – Tacite, confronté au pouvoir tyrannique de l’empereur Domitien. Son épouse ou l’éloquence parviendront-elles à le sauver ?

Voici le compte rendu de ce roman :

FC_CR_HK_La nuit des orateurs_février 2022

CR_Nicole Loraux_La Grèce hors d’elle et autres textes

Nicole Loraux, La Grèce hors d’elle et autres textes, Paris, Klincksieck, 2021.

Cet ouvrage rassemble, selon un ordre strictement chronologique, cinquante-six articles écrits par Nicole Loraux entre 1973 et 2003. Il donne à lire le déploiement discontinu, expérimental, de réflexions lisibles sur le même plan que celui des livres publiés, et l’effet d’après-coup de ces derniers, leur reprise sur d’autres plans — toutes ces lignes dessinant ensemble la vaste cartographie d’une œuvre très singulière.
L’article « La Grèce hors d’elle et autres textes », qui donne son titre à ce recueil, rappelle la méthode par laquelle Nicole Loraux n’a pas cessé, selon ses propres mots, de « trouver dans la Grèce (et en abondance) de quoi la faire sortir d’elle-même » en multipliant les stratégies comparatistes, les va-et-vient entre les champs disciplinaires les plus divers (philosophie, psychanalyse, ethnologie, philologie).

Voici le compte rendu de Béatrice Hautefeuille:

CR_B. Hautefeuille_N. Loraux_La Grèce hors d’elle et autres textes_juin 2021

CR_M. Sartre_Le Bateau de Palmyre

Maurice Sartre, Le Bateau de Palmyre. Quand les mondes anciens se rencontraient. VIe siècle av. J.-C./VIe siècle ap. J.-C.,  Paris, Éditions Tallandier, 2021.

Dans l’introduction de son ouvrage, Maurice Sartre signale que, si le monde antique est plus resserré que celui qui nous est contemporain, on peut cependant questionner une forme de globalisation ou de mondialisation à l’échelle des territoires connus, qui ne serait toutefois en rien comparable à celle que nous connaissons actuellement. L’objectif de son ouvrage est de saisir le degré de connaissances que les peuples méditerranéens ont les uns des autres, dans la mesure où ils se connaissent et partagent le même cadre de vie. L’organisation générale de son ouvrage, selon un plan géographique, lui permet de faire le point sur les différentes aires et d’envisager l’interconnexion des civilisations.

Voici le compte rendu d’Adrien Bresson :

CR_Bateau Palmyre_Adrien Bresson

CR_Bernadette Cabouret, La société de l’Empire romain d’Orient. IV-VIe siècle

Bernadette Cabouret, La société de l’Empire romain d’Orient. IV-VIe siècle, Rennes, Presses universitaires, 2020, 415 p. + XVI pl.

Le présent ouvrage marque une étape importante pour qui s’intéresse à l’Antiquité tardive. Ce champ d’études est désormais pris en considération pour lui-même et non pas seulement comme un moment de transition entre l’Antiquité et le Moyen-Âge. La synthèse que propose Bernadette Cabouret confirme et renforce cette évolution générale. L’Empire romain d’Orient est pour la première fois approché spécifiquement par le biais de la question sociétale. Cette perspective permet d’enrichir considérablement la compréhension que l’on peut se faire de la période. Pour reprendre une métaphore employée dans l’introduction, il s’agit d’habiller de chair l’ossature parfois bien sèche de la donnée historique en tant que telle.

Voici le compte rendu de Delphine Lauritzen:

AA Lauritzen CR Cabouret 2020, La société de l’Empire romain d’Orient_05.04.2021

Exposition virtuelle_Josef Koudelka. Ruines_BnF-François-Mitterrand

Exposition virtuelle Josef Koudelka. Ruines, BnF-François-Mitterrand* : Josef Koudelka, Ruines, Paris, Éditions Xavier Barral/Bibliothèque nationale de France, 2020, 368 p., 170 photographies.

(visite virtuelle de l’exposition – expositions.bnf.fr/koudelka/)

Après la série de rétrospectives consacrées depuis 2002 par la BnF aux grandes signatures noir et blanc photographique, l’exposition Josef Koudelka. Ruines était présentée à la BnF-François Mitterrand, du 16 septembre au 16 décembre 2020 : l’état sanitaire de notre pays ayant conduit à la fermeture des lieux culturels fin octobre, nous n’avons pu aller la voir in situ. Mais la BnF propose sur son site internet de nombreux documents : un dossier de presse très fourni, un diaporama élaboré par le photographe lui-même en rapport avec la « Rencontre autour de l’œuvre de Josef Koudelka », un extrait du film Obéir au soleil de Coşkun Aşar et une visite virtuelle de l’exposition en reproduction numérique.

Voici le compte rendu de cette exposition rédigé par Emilia Ndiaye :

CR_Exposition virtuelle_Koudelka Ruines ENdiaye_1