Archives de catégorie : Antiquité-Avenir signale

Recension_Michel BLAY_La déchirure du penser

Michel BLAY, La déchirure du penser. Essai sur l’effacement du logos, Coll. Encre marine, Les Belles Lettres, Paris, 2020, 92 pages.

À travers cet essai, l’historien et philosophe des sciences propose un cheminement très personnel qui conduit le lecteur de la pensée héraclitéenne aux orientations les plus contemporaines de la science, ces dernières n’étant d’ailleurs pas l’horizon vers lequel Michel Blay invite à tourner le regard. Le projet d’un tel parcours sur quelques 80 pages seulement peut de prime abord paraître incongru ou voué à l’échec. Mais l’ouvrage ne se veut nullement somme érudite, bien que l’érudition de son auteur affleure à chaque page, ni démonstration académique. Il faut également comprendre que cet essai, modeste par son volume, s’inscrit dans la continuité de travaux plus étendus, dont il reprend les motifs. Je pense notamment à ces deux livres importants : Dieu, la nature et l’homme. L’originalité de l’Occident, Armand Colin, Paris, 2013 ; La Chair vive et la beauté de l’exister. Quatre chapitres sur l’infini dans le fini, Jean Maisonneuve, Paris, 2015.

Voici la recension de Frédéric Le Blay :

CR Michel BLAY_La déchirure du penser_18.01.21

C. Suzzoni_Hommage à Marc Fumaroli

Marc Fumaroli : la littérature ou « Le bonheur d’admirer »

Marc Fumaroli, qui nous a quittés en juin dernier, était membre du Comité d’honneur du Réseau Antiquité-Avenir. Il avait salué la fondation de notre Réseau avec l’empressement et la générosité qui lui étaient habituels dès qu’il s’agissait de défendre la promotion des Humanités. Nous reproduisons, avec l’aimable autorisation de la revue Esprit, l’article de Cécilia Suzzoni, paru dans le numéro de décembre 2020 :

C. SUZZONI_Hommage à Marc Fumaroli

Recension_Guillaume DIANA_Les Voyages d’Hadrien. Sur les traces d’un empereur nomade

Dimitri Tilloi-d’Ambrosi, Les Voyages d’Hadrien. Sur les traces d’un empereur nomade, Paris, Arkhê, collection « Homo historicus », 2020, 204 p.

Dimitri Tilloi-d’Ambrosi, agrégé et docteur en histoire, prend pour objet de son étude les années de règne de l’empereur Hadrien, abordées à travers le prisme de ses voyages, voyages terrestres et maritimes : l’empereur mène une vie principalement hors de Rome. Dans la recherche d’une « tellus stabilita », Hadrien traverse la plupart des régions de l’Empire pour assurer la stabilité de ce territoire multiculturel et mouvant. Cet empereur, souvent vu comme bon dans l’histoire de Rome, est présenté dans cet ouvrage à travers certaines valeurs cardinales du « bon empereur », mais au fil des pages apparaît aussi sa part d’ombre.

Voici la recension de Guillaume Diana (APGLAV-CNARELA ) :

Recension AA_Tilloi d’Ambrosi_Les Voyages d’Hadrien

Recension_Jérôme LAGOUANÈRE (dir.), La Naissance d’autrui, de l’Antiquité à la Renaissance

Jérôme LAGOUANÈRE (dir.), La Naissance d’autrui, de l’Antiquité à la Renaissance, Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres » n° 415, 2019, 510 p.

Autrui est un concept dont l’émergence est traditionnellement rattachée à Kant, à Hegel et à la phénoménologie. Le présent volume montre au contraire, en croisant les approches de la philosophie, de l’histoire et de la littérature, comment l’Antiquité païenne et chrétienne avait déjà pensé ce rapport à l’altérité et étudie quel a été l’héritage de cette double tradition philosophique et chrétienne au Moyen Âge et à la Renaissance.

Voici la recension de Franck Colotte :

Recension_J. Lagouanère_La Naissance d’autrui, de l’Antiquité à la Renaissance_FC_VD

 

Recension_Sonia DARTHOU, Athènes. Histoire d’une cité entre mythe et politique

Sonia DARTHOU, Athènes. Histoire d’une cité entre mythe et politique, Passés Composés, 2020, 287 p.

Dès l’introduction, Sonia Darthou rend hommage à Jean-Pierre Vernant, Marcel Detienne et Nicole Loraux, qui ont modifié l’appréhension des mythes grâce à une approche anthropologique,       « en les abordant comme des représentations politiques et idéologiques de la cité ». Elle se propose de montrer dans cet ouvrage que les mythes sont des « discours d’identité » qui ont « un sens politique et social ». C’est ici qu’apparaît l’originalité de sa démarche : pour « penser Athènes », elle analysera l’omniprésence des mythes à travers tous leurs supports, les plus nobles comme les plus humbles. Elle s’appuiera sur les images autant que sur les textes, sur les témoignages de la vie quotidienne autant que sur les œuvres d’art, sur « une insulte au tribunal » autant que sur « l’oraison funèbre de Périclès ».

Voici le compte rendu d’Isabelle Lejault :

Recension_Sonia DARTHOU_Athènes_IL

CR_La langue d’Apulée dans les Métamorphoses

Joseph Dalbera et Dominique Longrée (éd.), La Langue d’Apulée dans les Métamorphoses, Paris, L’Harmattan, Collection Kubaba,                « Grammaire et linguistique », 2019, 325 p.

Les dix-sept contributions de ce volume forment un ensemble que les éditeurs n’ont pas jugé utile de subdiviser en sous-parties pour souligner sans doute l’unité de l’ensemble. Leur brève introduction opère toutefois des regroupements, qui ont justifié l’ordre des contributions : des cinq plus classiques (dans la mesure où elles            « s’intéressent aux voix qui construisent le roman » et en illustrent la polyphonie bien établie, aux quatre dernières plus techniques, puisqu’elles font état des conclusions que permet l’usage des outils statistiques, et de ce que ces recherches induisent pour une nouvelle édition du manuscrit. Les huit contributions intermédiaires abordent divers aspects du lexique, ainsi que des points de morphosyntaxe.

Voici le compte rendu d’Emilia NDIAYE:

CR Langue d’Apulée_EN

Assassinat de Conflans-Sainte-Honorine

« Antiquité-Avenir, réseau d’association liées à l’Antiquité, dénonce avec la plus ferme vigueur le crime horrible dont a été victime notre collègue professeur d’histoire-géographie parce qu’il faisait son métier, enseigner à ses jeunes élèves une des valeurs fondamentales de notre République, la liberté d’expression.
Antiquité-Avenir s’associe à la douleur de sa famille et de ses proches, et apportera son soutien à l’ensemble des enseignants, au-delà la seule équipe de son établissement. »

Michael LUCKEN, Le Japon grec. Culture et possession

Michael LUCKEN, Le Japon grec. Culture et possession, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 2019, 256 p.

« Tout est là », se dit le non-spécialiste du Japon, le livre refermé ! Un parcours chronologique et thématique des origines à nos jours ; des chapitres courts et équilibrés ; une écriture claire et précise avec ce qu’il faut d’informations sur une langue qu’on ne maîtrise pas ; des concepts définis dans un cadre académique substantiel et actualisé avec notes abondantes en bas de page …

Voici la note de lecture de Violeta Martinez Auriol:

Note de lecture 1_VA_Lucken_Le Japon grec

Lucio RUSSO, Notre culture scientifique. Le monde antique en héritage

Lucio RUSSO, Notre culture scientifique. Le monde antique en héritage, traduit par Antoine Houlou Garcia, Paris, Les Belles Lettres, 2020, 236 p.

Au cours des dernières années, la question de l’actualité et de l’importance de la culture antique a suscité un vif débat aussi bien en Italie qu’en France, notamment par rapport à la place qu’il faut accorder au latin et au grec ancien dans l’enseignement secondaire. Cela explique sans doute les nombreux livres récents qui abordent le problème, sous des angles différents selon les auteurs. On pourrait dire que l’essai de Lucio Russo poursuit le même objectif ; il présente cependant des traits extrêmement originaux, liés à la formation et aux intérêts de cet auteur.

Voici la recension de Gianluca Piscini :

Recension_Lucio Russo_GP

 

Recension_Carlo OSSOLA, Les vertus communes

Carlo OSSOLA, Les vertus communes, traduit de l’italien par Lucien d’Azay, Paris, Les Belles Lettres, 2019, 148 p.

Carlo Ossola poursuit dans cet ouvrage une réflexion autour des vertus coutumières, déjà entamée en 2011 avec son court essai En pure perte. Le renoncement et le gratuit. S’il analysait alors ces qualités qui permettent à chacun de se détacher, de s’abandonner, d’atteindre dans son être au monde une forme de quiétude intime et de discrétion, il revient avec Les vertus communes sur des qualités plus sociales, destinées à revaloriser, dans la relation quotidienne à l’autre, un être ensemble plein d’urbanité et d’harmonie : vertus communes, ordinaires, quelque peu ingrates, « petites vertus » en somme, qui, malgré leur humilité un peu terne, ne sauraient encourir le mépris, car elles donnent au quotidien son humanité.

Voici la recension d’Anne Bouscharain :

Recension 5_Carlo OSSOLA Les vertus communes DEF